Depuis la publication du rapport  pour une politique publique de la donnée, des algorithmes et des codes sources, le rythme s’accélère pour la mise en œuvre  de l’open data. En effet, la récente publication d’une circulaire impérative par laquelle le Premier ministre adresse au Gouvernement ainsi qu’aux Préfets de région ses instructions en matière d’ouverture des données témoigne de l’imminence de la mise en œuvre  de l’open data dans les administrations centrales et déconcentrées.

Si une obligation en matière de publication des données publiques pèse également sur les collectivités territoriales depuis la loi pour une République numérique, il apparaît que les administrations décentralisées ne parviennent pas toujours à s’emparer de cette problématique.

Entre les enjeux juridiques et techniques qu’elle recouvre, l’ouverture des données publiques n’apparaît pas comme une étant une mince affaire. Pourtant il existe des étapes clés permettant de préparer l’ouverture des données dans sa collectivité et créer sa feuille de route open data. Voici 5 actions permettant de la réaliser.

 

Sensibiliser ses agents à l’ouverture des données

 

La mise en œuvre  de l’ouverture des données publiques ne peut se faire sans une conscience des enjeux qu’elle recouvre. Les agents publics sont les premiers concernés à deux égards. D’abord parce qu’ils disposent d’une pleine connaissance du fonctionnement de leur collectivité et que leur expertise contribue à la bonne mise œuvre  de l’open data. Ensuite, les agents sont les premiers ouvriers de l’open data en ce qu’ils saisissent tous les jours, parfois même sans s’en rendre compte, des données susceptibles d’être publiées. À ce titre ils sont les véritables garants de la bonne qualité de la donnée et de la bonne mise en œuvre  des process de publication. Ainsi l’acculturation des agents publics à l’open data constitue joue un rôle déterminant dans sa réalisation.

 

Échanger avec les usagers-citoyens

 

L’open data concourt à la réalisation de nombreux objectifs de performance mais également de transparence. Cependant ces objectifs ne sont pas uniformes et communs à l’ensemble des collectivités. La concertation avec les usagers joue un rôle majeur dans l’ouverture des données en ce qu’elle permet de faire remonter les besoins « bruts » et de déterminer les objectifs premiers de la collectivité en la matière. En embarquant l’usager dans la co-création d’un service d’accès aux données publiques par exemple, la collectivité s’assure de la cohérence entre son projet et les attentes du territoire. Elle permet également de responsabiliser le citoyen et de l’inviter dans le pilotage des politiques publiques.

 

Déterminer une bonne gouvernance de la donnée

 

Pour réussir son projet open data il convient de le structurer de sorte qu’il puisse bénéficier d’un cadre nécessaire à sa bonne progression tout en profitant de suffisamment de souplesse pour évoluer dans le temps. Par conséquent une bonne gouvernance de la donnée au sein d’une collectivité constitue une condition sine qua non d’une politique d’open data à l’heure où les volumes de données produits atteignent des sommets. En établissant des procédures propres au cycle de vie des données dans la collectivité, celle-ci s’assure de poser des bases solides pour édifier son projet open data.

 

Créer des synergies entre les services

 

La transversalité des problématiques qu’induit un projet open data nécessite une coopération des services dans sa mise en œuvre . Si traditionnellement les services dédiés aux systèmes d’information étaient assimilés comme responsable des données, les obligations posées par le RGPD et la loi pour une République numérique en la matière tendent à joindre également les services des affaires juridiques. Néanmoins les autres services, en tant que producteurs de données eux-mêmes, ne sont pas écartés des choix faits dans la création d’un projet open data. C’est d’ailleurs parce que tous les services sont concernés qu’une gouvernance de la donnée adéquate est conseillée. 

Suivre l’ouverture des données à long terme


De plus en plus, les collectivités ayant fait le pari de mener à bien une politique d’ouverture des données, constituent en leur sein de véritables services publics de la donnée, composés d’agents dédiés à la bonne réalisation des projets. En effet l’ouverture des données ne constitue pas un projet à court terme, qui pourrait faire l’objet d’un unique effort à sa création. L’ouverture des données constitue une politique publique à part entière qui nécessite un suivi de la réalisation des objectifs ainsi qu’une capacité d’adaptation.